COMMUNIQUÉ DE PRESSE

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

29 octobre 2018

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Tchad : Sortir du labyrinthe de la croissance et favoriser la diversification des exportations

 N’DJAMENA, 29 octobre 2018 — La Banque mondiale vient de publier deux rapports, l’un sur la croissance et l’autre sur la diversification des exportations du Tchad. Intitulées respectivement, Comment le Tchad peut-il sortir du labyrinthe de la croissance ? et Tchad : Favoriser la diversification des exportations pour stimuler la croissance, les deux rapports cherchent à répondre à trois questions fondamentales : pourquoi le Tchad n’a-t-il pas pu transformer l’exploitation du pétrole en développement structurel, diversification et croissance durable ? À quoi pourraient ressembler les voies possibles vers une croissance durable à long terme ? Et enfin quelles actions politiques au niveau macro et microéconomique pourraient contribuer à tracer ces voies ?

« Ces rapports entrent dans le cadre des activités analytiques de la Banque mondiale au Tchad et visent à identifier les causes systémiques qui limitent la croissance et le développement des exportations et de proposer des pistes de solutions. Ils proposent des actions envisageables dans le court et le moyen terme, pour accélérer la transformation de l’économie du Tchad », a expliqué François Nankobogo, Représentant Résident de la Banque mondiale au Tchad.

Dans l’ensemble, les analyses de la croissance mettent clairement en évidence le manque de productivité et de croissance structurelle qui s’ensuit. Les résultats indiquent que les recettes pétrolières plus élevées pendant les années 2000 n’ont pas été utilisées de façon optimale pour améliorer les infrastructures du pays et investir dans le capital humain et physique. La décomposition des facteurs qui déterminent la croissance suggère qu’entre 1995 et 2017, la croissance au Tchad a été tirée dans une large mesure par l’augmentation de l’investissement et l’emploi plutôt que par la productivité.

 En outre, les efforts de diversification économique entrepris par le passé au Tchad n’ont pas abouti à cause de trois facteurs. D’une part, la fréquence élevée des conflits violents a non seulement dissuadé les investisseurs privés, détruit les infrastructures et interrompu les échanges commerciaux, mais elle a également orienté les administrations successives vers les dépenses militaires. D’autre part, la croissance stimulée par le pétrole s’est rapidement essoufflée sans pour autant se muer en une croissance soutenable à long terme et le pays a laissé passer de grandes occasions de traduire les revenus pétroliers en investissements majeurs dans le capital humain et les infrastructures. Enfin, le pétrole a également rendu l’économie tchadienne moins compétitive et plus vulnérable aux chocs.

En termes de recommandations pour relever les défis pour l’ensemble de l'économie, les experts de la Banque mondiale suggèrent que les dépenses publiques soient réorientées vers les secteurs productifs centrés sur le développement des chaines de valeur agro-alimentaires et que la simplicité et neutralité concurrentielle dans la réglementation des marchés soient assurée dans l'ensemble de l'économie. Ils soulignent aussi l’importance du soutien de l’État au secteur agricole exportateur, y compris l’amélioration des chaines de valeur du coton, du sésame et de la gomme arabique d’une part, et l’urgence d’engager des reformes permettant le développement rapide des télécommunications et des nouvelles technologies de l’information pour stimuler une croissance économique plus rapide et inclusive. 

Les études soulignent l’importance de la participation du secteur privé dans des marchés concurrentiels, notamment la fourniture d'intrants agricoles essentiels et l’économie numérique. Cette participation permettrait une utilisation optimale des ressources qui pourrait élever la productivité et la contribution de l’agriculture à la croissance inclusive. En outre, une réduction des coûts des services de télécommunication pourrait augmenter la contribution de l’économie numérique à la provision des services publics de qualité et à l’accélération de la croissance. Dans une démarche de partager ses analyses avec un large public, la Banque mondiale organise des ateliers réunissant le Gouvernement, les partenaires techniques et financiers, les membres du secteur privé et de la société civile le mardi 30 octobre 2018 dans la capitale tchadienne (N’Djamena) pour discuter des thèmes traités dans les deux rapports.

source: AFREC Africa Communications and Partnerships